L’auteur de cette analyse, Moez Labidi, professeur à la faculté des sciences économiques et de gestion de Mahdia et conseiller économique auprès de MAC SA a démontré que, face à l’euro, le dinar tunisien demeurera sous pression, pour plusieurs raisons, soulignant que l’économie européenne ne va pas tarder à sortir du gouffre de la crise de la dette souveraine, et l’une de ses conséquences, la reprise des exportations tunisiennes à destination de la zone euro serait profitable pour le dinar, mais le rythme d’appréciation de l’euro dépassera certainement celui du dinar.
Moez Labidi a souligné , également, que l’intransigeance des républicains US sur les orientations du budget fédéral et les débats houleux qui en résultent sur le plafonnement de la dette pourraient pénaliser le dollar et renforcer les positions acheteuses de l’euro. Ainsi, le glissement du dinar serait plus visible face à l’euro.
Au rang des autres raisons expliquant la pression sur le dinar tunisien, Moez Labidi a déclaré que les tergiversations qui accompagnent le processus de dialogue national, plaident pour la fragilité du consensus qui émergera. Et de préciser que la classe politique tunisienne semble ne pas être consciente du danger qui guette l’économie.
Il a précisé, en outre, que le prochain gouvernement, quel que soit son degré d’indépendance, et quel que soit son niveau de compétence, n’aura pas la détermination et l’audace suffisante pour s’atteler, en profondeur, aux grands chantiers de réformes indispensables pour remettre la Tunisie sur le sentier d’une croissance soutenue et pour inverser le trend baissier du dinar.
A vrai dire, toutes les positions des politiciens tunisiens sont enveloppées de flou. Les incertitudes règnent encore sur la scène politique ainsi qu’économique. Le conseiller économique auprès de MAC Sa a précisé, qu’à ce stade, rien n’est moins sûr. Dans ce contexte, marqué par une communication brouillonne et contre-productive très pénalisante pour la monnaie tunisienne, il sera difficile pour la BCT de défendre le dinar surtout avec le tarissement des sources de financement externe (révision à la baisse du prêt de la Banque mondiale, une deuxième tranche du crédit du FMI conditionnée à l’avancement des réformes…). Il s’est référé à l’atterrissage de la Tunisie dans le Speculative grade chez toutes les agences de rating, pour appeler, par conséquent, à corriger le taux de change qui ne doit pas être exclu des réformes, prochainement.
En revanche, le gouverneur de la BCT, Chedly Ayari n’a pas exclu, lors d’une rencontre récente, une légère reprise du dinar, mais pas avec le même rythme que celui d’avant la Révolution. Et de relever les facteurs structurels (situation politique, sécurité et autres), et les facteurs conjoncturels relatifs aux mauvais indicateurs du premier trimestre 2013. En effet, durant le mois d’avril, une très forte demande en devises de 350 millions d’euros a été enregistrée.
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